Devenir éleveur de chiens ou de chats : statut, formation et obligations

Faire naître des chiots ou des chatons, sélectionner une race, accompagner chaque animal jusqu’à sa nouvelle famille : le métier d’éleveur fait rêver de nombreux passionnés. C’est pourtant une activité très encadrée, exigeante physiquement et financièrement. Voici les étapes pour vous lancer dans les règles.

À partir de quand est-on éleveur ?

Depuis 2016, toute personne qui vend au moins un chiot ou un chaton issu d’une femelle reproductrice lui appartenant est considérée comme éleveur, dès la première portée. Elle doit alors disposer d’un numéro SIREN.

Une exception existe pour les particuliers qui ne produisent qu’une seule portée par an et par foyer fiscal, à condition que les animaux soient inscrits à un livre généalogique (LOF pour les chiens, LOOF pour les chats). Ils sont dispensés d’immatriculation, mais pas des autres obligations liées à la cession.

La formation : ACACED ou diplôme

Pour exercer en tant qu’éleveur professionnel, vous devez justifier d’une qualification : l’ACACED dans la catégorie concernée (chiens et/ou chats) ou un diplôme reconnu équivalent. Cette formation aborde la reproduction, la génétique, l’alimentation, la prévention des maladies, le comportement et la réglementation.

L’ACACED n’est qu’une base. Les éleveurs reconnus complètent leurs connaissances auprès des clubs de race, des vétérinaires et d’éleveurs expérimentés, et se forment en continu sur la génétique et les tests de dépistage propres à leur race.

Les démarches pour s’installer

  1. Obtenir la qualification (ACACED ou diplôme).
  2. Créer son entreprise : l’élevage est une activité agricole. Renseignez-vous auprès de la chambre d’agriculture et de la MSA sur le statut le plus adapté.
  3. Déclarer l’activité auprès de la direction départementale de la protection des populations (DDPP).
  4. Aménager des installations conformes : locaux adaptés, séparation des animaux malades, espaces d’exercice, conditions d’hygiène.
  5. Établir un règlement sanitaire avec un vétérinaire, qui assure des visites régulières de l’élevage.
  6. Tenir un registre des entrées et sorties des animaux.

Les démarches détaillées sont présentées dans notre article Quelles autorisations administratives pour élever des animaux domestiques ?

Vendre un chiot ou un chaton : les obligations

  • L’animal doit être âgé d’au moins huit semaines au moment de la cession.
  • Il doit être identifié (puce électronique) au nom de l’éleveur avant toute cession.
  • La vente s’accompagne d’une attestation de cession, d’un certificat vétérinaire et d’un document d’information sur les caractéristiques et les besoins de l’animal.
  • Toute annonce doit mentionner le numéro SIREN (ou le numéro de portée du livre généalogique pour les particuliers exemptés), l’âge des animaux et leur numéro d’identification ou celui de la mère.
  • Depuis la loi du 30 novembre 2021 contre la maltraitance animale, le nouvel acquéreur doit signer un certificat d’engagement et de connaissance, et respecter un délai de réflexion de sept jours avant de recevoir l’animal.

Cette même loi interdit depuis le 1er janvier 2024 la vente de chiens et de chats en animalerie : la vente directe par les éleveurs et l’adoption en refuge sont désormais les principales voies d’acquisition.

Les qualités d’un bon éleveur

  • Disponibilité : mises bas, soins aux nouveau-nés et socialisation ne connaissent ni week-end ni vacances.
  • Rigueur sanitaire : vaccination, vermifugation, dépistages génétiques, hygiène des locaux.
  • Sens du contact : conseiller les familles, sélectionner les adoptants, assurer un suivi après la vente.
  • Gestion : un élevage est une entreprise, avec des charges importantes (alimentation, frais vétérinaires, installations).

Vous hésitez encore entre plusieurs métiers ? Découvrez notre guide des métiers animaliers.

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